MBF pour France3

On n’est pas qu’un coût, mais aussi une richesse ! proclament les ouvriers mobilisés de MBF Aluminium à Saint-Claude dans le Jura. Le M de MBF est celui de Stefano Manzoni migrant italien originaire de Moggio, village des Alpes lombardes, fuyant la misère durant les années 20 et qui a créé l’usine en 1941. La France est une terre d’immigration et à Saint-Claude, les turcs, les maghrébins, les portugais, les laotiens qui luttent pour leur usine et pour que l’emploi reste à Saint-Claude sont aujourd’hui les comtois de la devise de la Franche-Comté « Comtois, rends-toi ! Nenni, ma foi ! »

Confidence

Confidence : lorsque j’ai quitté l’usine (il y a 28 ans aujourd’hui même) et que j’ai débuté le métier de photographe, le luxe pour moi c’était de lire Libération à la terrasse d’un café, le lundi matin, à l’heure où j’aurais du être à l’usine. Aujourd’hui le luxe c’est toujours de lire Libé en terrasse le lundi matin, mais en plus d’y voir mes photos. Pour la petite histoire, Libé avait déployé hier soir une équipe de photographes dans chaque région et attendait les photos, à 20h30 pour le web, et 21H45 pour le print (papier). Sauf que Marie-Guite Dufay est arrivée à La préfecture de Dijon à 21h20 ! Je n’ai pas du photographier plus de 10 mn avant de me précipiter dans la salle de presse et de transmettre mes images. Photographier c’est aussi un métier.

Et au kiosque à journaux en achetant Libération, j’ai vu d’autres de mes photos, sur et dans le le Pèlerin de cette semaine :

MBF pour Le Monde

Avec trois autres salariés, M. Yalcin a entamé, mardi 18 mai, une grève de la faim devant le ministère de l’économie et des finances à Paris. Après trois jours sans manger, Isabel Alves Da Costa, opératrice de 45 ans, confie son désarroi : : « C’est dur, physiquement et moralement. Mais on a fait tellement de manifestations et on ne nous entend pas… Il faut qu’ils comprennent que la situation est grave. Le bassin de Saint-Claude est sinistré. Si MBF ferme, ce n’est pas seulement 280 salariés et leurs familles qui seront touchés, ce sera une catastrophe pour tout le monde ! »

Double crise

Les salariés voudraient de l’Etat qu’il apporte des garanties financières pour aider à la reprise et qu’il fasse pression sur les constructeurs Renault et Stellantis (PSA) pour qu’ils s’engagent sur des volumes à produire pour pérenniser le site. Pour toutes ces fonderies, sans ces gros clients-là, aucun avenir n’est possible.

« Or nous avons appris au tribunal de commerce le 11 mai que Renault se désengagerait totalement de Saint-Claude à partir de 2023 ! », s’indigne Nail Yalcin. Ces dernières semaines, les salariés ont également constaté que Renault avait réduit ses commandes. En cause, la pénurie actuelle de semi-conducteurs qui freine la production de voitures et donc le besoin en pièces, explique le constructeur. Qui répond également que MBF ne livre plus de pièces depuis des semaines – conséquence du mouvement social –, ce qui met en péril l’activité du site et contraint le groupe à se fournir ailleurs.

Ainsi se joue, ces derniers temps, le bras de fer entre les salariés et Renault.

A Saint-Claude, mais aussi aux Fonderies du Poitou, également en redressement judiciaire. Le site était en grève vendredi. Là aussi, on voudrait que Renault, l’unique client, promette des volumes. « Ces dernières années,

« Ces dernières années, les repreneurs successifs se sont tous engagés au tribunal à financer la diversification pour être moins dépendant de Renault. Mais personne ne l’a fait ! », souligne Jean-Philippe Juin, délégué CGT de la fonderie aluminium.

La filière vit une double crise. Les moteurs diesel et thermiques, son cœur de métier, sont condamnés à court et moyen terme. Mais les constructeurs n’ont par ailleurs eu de cesse de délocaliser à l’étranger la production des pièces toujours usitées.

Dans cette activité, où les marges sont faibles, les fondeurs ont en outre appris à leurs dépens que certains repreneurs, une fois les aides publiques englouties, ne tiennent guère longtemps.

« Il faut se battre pour sa vie et son emploi »

C’est la raison pour laquelle des salariés de la Fonderie de Bretagne à Caudan bloquent le site depuis plus de trois semaines – ils ont même mis en scène sur Facebook la destruction d’une plaque-modèle de porte-fusées. Ils refusent obstinément de quitter le giron de Renault qui, en grande difficulté financière, a décidé de vendre sa fonderie dans le cadre de son plan d’économies.

A Decazeville, les fondeurs de la Société aveyronnaise de métallurgie (SAM), eux, reprennent espoir. Après vingt-trois jours de blocage, Renault a fini par s’engager sur des commandes garantissant, selon la CGT, le maintien d’au moins 250 des 350 emplois, les bureaux d’études et de maintenance. Et le groupe a accepté de discuter avec tous les repreneurs quelle que soit leur envergure. Article réservé à nos abonnés

« Sans notre lutte, on n’aurait jamais obtenu ces engagements ! Et il n’y aurait pas trois offres de reprise aujourd’hui !, estime Sébastien Lallier, délégué CGT. Quand on vous promet la mort, il faut se battre pour sa vie et son emploi, et embêter tout le monde jusqu’à trouver des solutions concrètes ! » Les offres de reprise pour la SAM seront examinées au début de l’été.

Aline Leclerc

Lire ici l’article sur le monde.fr

MBF pour Libération #1

Mobilisation pour MBF Aluminium dans le Jura : «On n’est pas qu’un coût, mais aussi une richesse» Il y a 10 jours le journaliste Damien Dole et moi sommes allés pour Libération à Saint-Claude à la rencontre des ouvriers en grève de la fonderie jurassienne. En redressement judiciaire depuis novembre, l’entreprise sera en liquidation judiciaire le 27 avril sans plan de reprise solide.

Des ouvriers de la fonderie MBF en grève. Saint-Claude, jura, 16 avril 2021.
En greve Thini est conducteur de lots à la fonderie MBF, Saint-Claude, jura, 16 avril 2021.
En grève, Hassan et ses fils. Hassan travaille de nuit au grenaillage. Fonderie MBF, Saint-Claude, Jura, 16 avril 2021.
En grève, Carine travaille au HSE, hygiène santé et environnement. Fonderie MBF, Saint-Claude, Jura, 16 avril 2021.
En grève, Jean-Claude, opérateur aux presses présente son poste de travail à ses enfants. Fonderie MBF, Saint-Claude, Jura, 16 avril 2021.
En grève, Dora travaille au service qualité. Fonderie MBF, Saint-Claude, Jura, 16 avril 2021.
En grève, Jbilou présente l’usine à son fils. Fonderie MBF, Saint-Claude, Jura, 16 avril 2021. Photos © Raphaël Helle / Signatures