Libérée !

Tu étais là à mes côtés en me disant : “tiens bon”», peut-on l’entendre dire, la tête recouverte d’un fin voile banc, à son fils, Sébastien sur une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux. J’ai photographié Sébastien Chadaud-Pétronin pour le Monde en septembre 2018, photo reprise par le JDD en avril 2019. Pendant 4 ans il s’est battu pour obtenir la libération de sa mère Sophie Pétronin, otage française détenue par des islamistes au Mali et libérée jeudi 8. Très heureux pour eux.

Le camping « le moins cher de France »

qui chercherait un appui dans la fortune contraire, c’est ici, juste après les sanitaires. Micheline, qui passe d’une main un coup d’éponge sur sa gazinière et répond de l’autre au téléphone, collé à l’oreille, a repris la gérance « après Gégé » – qui dormait ce jour dans sa caravane – en janvier 2020.
Elle a appliqué les principes qui avaient présidé à sa réputation : 8,20 euros la nuit « pour un emplacement », faisant de ce camping « le moins cher de France ». 8,20 euros aussi pour une nuit dans une des huit caravanes avec auvent que loue Micheline. « Pour le gaz, c’est 1 euro de plus par jour. » 50 places au total et 11 résidentes à l’année.
Micheline a postulé auprès de la propriétaire, qu’elle appelle « madame », et qui souhaitait, dit Micheline, garder la singularité du camping visiblement au grand dam du maire de la commune, le père du champion Thibaut Pinot, qui aurait souhaité des ambitions peut-être plus élevées : « Nos rapports ne sont pas très bons avec le maire… Je crois qu’il aurait voulu que le camping monte en gamme », dit-elle d’abord avec prudence.
La candidature de Micheline a été en balance avec un couple, « du sud de la France », qui voulait en faire un « camping libertin ». Le maire l’a échappé belle. Cela dit, celui-ci avait le choix entre la peste… et le choléra. « Il pense qu’on est un camping de cas sociaux », dit-elle outrée.
La propriétaire a tranché en faveur de Micheline en début d’année. Laquelle s’est lancée, avec « Bigoudi », son compagnon charpentier (« il chausse du 48 », dit-elle admirative) dans de lourds travaux d’assainissement : « Le patron d’une entreprise de terrassement, qui connaissait l’histoire du camping, a offert de nous le faire gracieusement. Je n’en croyais pas mes yeux quand le type est venu : tu payes le gravier et le fuel de la pelleteuse. Et un gueuleton au gars qui ouvre en voiture le convoi exceptionnel. On aurait pas pu… Déjà que j’ai emprunté 47 000 euros pour refaire les sanitaires… »
Micheline s’« emmerdait » à la retraite. Elle cherchait un sens à sa vie qui a été pourtant drôlement bien remplie. Elle a tenu un cabaret transformiste pendant dix-sept ans, près de Montbéliard. Entre deux représentations, elle montait en scène « pour chanter Piaf ». Une ponctuation entre « les numéros à la Michou ». Elle a aussi connu les tournées « à l’étranger ». Puis la retraite est arrivée en 2016.
Un homme rentre dans « la paillote » (l’accueil) de Micheline, sans frapper. L’homme dépose un bouquet de tulipes. Ils s’embrassent. Il s’en va : « C’est Pascal. Mon ancien voisin. Sa maison était mitoyenne de mon cabaret. Je le connais depuis cinquante ans, il m’offre des fleurs depuis. Sa famille était si nombreuse que les enfants dormaient par terre. On n’avait pas d’argent mais on était solidaires les uns des autres. C’est ce que je veux faire perdurer ici », dit-elle.

Les belles personnes sont réelles. Pierre tenait un garage dans le Doubs. C’est un homme au caractère assez fort qui prend des décisions brutales. L’an dernier, il s’est séparé de son affaire. Il ne dit pas quelles raisons ont dicté ce départ. Il voulait juste s’installer ici, dans ce camping. Il a racheté deux caravanes, en a retapé une troisième. Silvia, sa femme, aide-soignante, et leurs trois garçons sont arrivés peu avant le confinement, « une fois que tout était aménagé, dit-elle. On a quand même dû quitter une maison de 200 m2 pour le rejoindre », souffle cette femme aux yeux bleus.
Pierre vient juste de terminer une mission de charpentier cette semaine : « Je prends tous les boulots, mais il y a des employeurs qui exagèrent. Pas de protection sociale, pas de protection sur les échafaudages. J’ai dit stop. Certains sont vraiment des enculés », fait Pierre qui prépare un rôti de porc avec des tomates « pour les enfants ».
En fait, Pierre serait venu ici pour retrouver « une humanité » qui lui manquait. Il parle « d’amour ». Et poursuit : « Tu vois, les gens ici ne vivent pas en marge de la société. Ils bossent. Ils payent leurs impôts et ils ont l’eau courante. Font leurs courses au supermarché. Scolarisent leurs enfants. Il y a même un retraité, hein Francis ? », dit Pierre en le regardant avec tendresse.
Francis, d’une infinie gentillesse, change de prénom à différentes heures de la journée. À 12 heures, c’est René ; 16 heures, Aimé. Puis à nouveau Francis au crépuscule. Mais c’est aussi « le vieux » pour Pierre qui paie 200 euros par mois pour trois emplacements. Où trouver à loger une famille à ce prix ? « En plus, j’ai mon atelier : Allez, viens voir ! » Pierre a mis à disposition de tous les résidents son fourgon Iveco : « Chacun se sert. Déchetterie, bois de chauffage, déménagement… » Les clefs sont sur le fourgon.
Un couple de retraités gare son camping car « il paraît que c’est différent ici des autres campings. C’est vrai ? » Effectivement, c’est bien là qu’il faut rester pour être aux avant-postes de la course pour voir l’enfant du pays, Thibaut Pinot. Mais aussi pour avoir aussi une vue imprenable sur l’humanité.

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Tout sur ma maire (Sparse)

Rencontre avec Anne Vignot, toute nouvelle maire écologiste de Besançon. A la découverte de la gestion écolo d’une ville de 115 000 habitants, entre méthode et espoirs de lendemains plus verts.

Pour Sparse avec les complices Chablis Winston (Antoine) et Martial Ratel. Photos : Raphaël Helle / Signatures.

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L’Est éclaire

La photo dans L’Est Eclair est un peu recadrée en bas, dommage car on ne voit pas le drapeau rouge et noir de Fabien. Ça m’a plu de photographier cette conversation entre un libertaire et deux communistes. Le grand-père de Fabien, Maurice Véchin, socialiste et disciple de Jean Jaurès, surnommé le « maire ouvrier » fit deux mandats de maire à la ville Bar-sur-Aube. A droite c’est Patrick, nous étions ensemble au CM1, il est délégué CGT à Lisi Aérospace, à l’époque où j’y travaillais l’usine s’appelait Manoir Industries et Bar Lorfoge dans mon enfance à Bar-sur-Aube.

Merci au journaliste Fabien Burgaud d’avoir mentionné l’hommage à mon père.

mais sur le web la photo n’est pas recadrée :

Le portfolio se nomme Champagne ! il est visible ICI

Au lac pour Le Monde

Reportage une après-midi pour Le Monde au Domaine de Chalain, dans le Jura le 16 juillet 2020 et un article de mon complice Jean-Pierre Tenoux.

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et puis celles qui n’ont pas été publiées

Et au moment de partir je rencontre ces deux campeurs, l’un de Vesoul (70) l’autre de Champagnole (39) très sympas et qui m’ont offert un verre de Pontarlier (25). Keep Calm and listen to Motohead.

Vague verte

Besançon, Poitiers, Strasbourg, Marseille : ces nouvelles maires écologistes qui incarnent la vague verte.

Anne Vignot première femme maire de Besançon et première écologiste à diriger la capitale comtoise. Reportage photo © Raphaël Helle / Signatures disponible ICI chez Signatures photographies.

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3/7/20 : passation de pouvoir entre Jean-Louis Fousseret maire de Besançon durant 19 ans et l’écologiste Anne Vignot que le conseil municipal de Besançon vient d’élire à la mairie. © Raphaël Helle / Signatures pour Libération.